Faut-il acheter ou louer sa voiture avec sa société ? La conserver à titre personnel et se faire rembourser des indemnités kilométriques ? Ou continuer à supporter soi-même son véhicule ?
C’est l’une des questions les plus fréquentes posées par les dirigeants.
Et contrairement à une idée assez répandue, faire payer sa voiture par sa société n’est pas systématiquement la solution la plus avantageuse.
Fiscalité, cotisations sociales, avantage en nature, TVA, nombre de kilomètres professionnels, prix du véhicule, motorisation, usage privé et trésorerie personnelle : plusieurs paramètres peuvent complètement modifier le résultat.
Depuis la réforme de l’avantage en nature automobile applicable aux véhicules mis à disposition depuis le 1er février 2025, l’écart entre les différentes solutions peut même devenir très important.
| Solution | Principal avantage | Principal inconvénient |
|---|---|---|
| Véhicule acheté ou loué par la société | L’entreprise finance directement le véhicule et ses frais | Fiscalité automobile et avantage en nature en cas d’usage privé |
| Véhicule personnel + indemnités kilométriques | Remboursement des déplacements professionnels sans véhicule inscrit dans la société | Le dirigeant finance personnellement son véhicule |
| Véhicule personnel sans remboursement systématique | Séparation très simple entre patrimoine privé et société | Le dirigeant supporte personnellement une partie de ses frais professionnels |
IK et véhicule personnel : ce ne sont pas réellement deux solutions différentes
Les indemnités kilométriques, ou IK, supposent justement que le dirigeant utilise un véhicule qui n’appartient pas à l’entreprise.
Le véritable arbitrage est donc généralement le suivant :
Option 1 : la société achète ou loue le véhicule.
Option 2 : le dirigeant utilise son véhicule personnel et la société lui rembourse les kilomètres parcourus pour les besoins de l’activité.
Dans la majorité des PME, c’est cette comparaison qu’il faut réaliser.
Le véhicule de société : confortable, mais pas fiscalement gratuit
Le principe est séduisant.
La société achète ou loue le véhicule et règle directement :
- le financement ou les loyers ;
- l’assurance ;
- l’entretien ;
- les réparations ;
- le carburant ou l’électricité ;
- éventuellement le stationnement.
Le dirigeant n’a donc plus besoin de financer personnellement sa voiture.
Mais cela ne signifie pas que l’intégralité du coût sera fiscalement déductible.
L’amortissement des voitures particulières est plafonné
Pour un véhicule relevant de la norme WLTP acquis depuis 2021, le plafond fiscal d’amortissement dépend des émissions de CO₂ :
| Émissions WLTP | Plafond fiscal |
|---|---|
| Moins de 20 g/km | 30 000 € |
| De 20 à moins de 50 g/km | 20 300 € |
| De 50 à 160 g/km inclus | 18 300 € |
| Plus de 160 g/km | 9 900 € |
Ainsi, une voiture émettant 140 g de CO₂/km relève encore du plafond de 18 300 €.
Le seuil de 9 900 € ne s’applique, pour un véhicule WLTP acquis depuis 2021, qu’au-delà de 160 g/km.
Autrement dit, acheter une voiture particulière de 70 000 € avec la société ne permet généralement pas de déduire fiscalement l’amortissement de 70 000 €.
Une fraction doit être réintégrée au résultat fiscal.
Le même principe existe en location ou en crédit-bail : une partie du loyer correspondant à l’amortissement fiscalement exclu du véhicule doit également être réintégrée.
Les malus peuvent également peser lourdement lors de l’achat
Pour les véhicules fortement émetteurs ou particulièrement lourds, il faut également intégrer le coût des malus à l’immatriculation.
En 2026, le malus CO₂ débute dès 108 g de CO₂/km et peut atteindre 80 000 € au-delà de 191 g/km.
Le malus lié à la masse du véhicule débute désormais à 1 500 kg.
Pour certaines berlines, SUV ou voitures puissantes, ces deux éléments peuvent modifier radicalement le coût réel d’acquisition.
Il faut aussi intégrer les taxes annuelles sur les véhicules
Les entreprises utilisant certains véhicules de tourisme peuvent être redevables de taxes annuelles liées notamment :
- aux émissions de CO₂ ;
- aux émissions de polluants atmosphériques.
En 2026, la taxe annuelle sur les polluants est notamment fixée à :
- 0 € pour la catégorie électrique/hydrogène ;
- 130 € pour les véhicules thermiques à allumage commandé répondant aux normes Euro 5 ou Euro 6 ;
- 650 € pour les véhicules classés parmi les plus polluants.
Il existe ici une différence importante souvent méconnue.
Un véhicule diesel ne relève pas de la catégorie des moteurs à allumage commandé. Un diesel, même Euro 6, relève donc en principe de la catégorie taxée à 650 € en 2026.
La taxe annuelle sur les émissions de CO₂ peut coûter beaucoup plus cher
À la taxe sur les polluants s’ajoute, pour les véhicules concernés, une taxe annuelle calculée directement en fonction du niveau d’émission de CO₂ du véhicule.
Son montant n’est pas forfaitaire : le barème 2026 fonctionne par tranches progressives. Plus le véhicule émet de CO₂, plus chaque gramme supplémentaire peut augmenter la taxe.
Prenons l’exemple d’un véhicule essence Euro 6 émettant 150 g de CO₂/km selon la norme WLTP, utilisé par l’entreprise pendant une année complète.
La taxe annuelle sur les émissions de CO₂ est calculée ainsi :
- de 5 à 45 g : 41 g × 1 € = 41 € ;
- de 46 à 53 g : 8 g × 2 € = 16 € ;
- de 54 à 85 g : 32 g × 3 € = 96 € ;
- de 86 à 105 g : 20 g × 4 € = 80 € ;
- de 106 à 125 g : 20 g × 10 € = 200 € ;
- de 126 à 145 g : 20 g × 50 € = 1 000 € ;
- de 146 à 150 g : 5 g × 60 € = 300 €.
Soit une taxe annuelle CO₂ d’environ 1 733 €.
À cette somme s’ajoute, dans notre exemple d’un véhicule essence Euro 6, la taxe annuelle sur les polluants de 130 €.
La fiscalité annuelle liée à ces deux taxes atteint donc déjà environ :
1 733 € + 130 € = 1 863 € par an.
Et il ne s’agit ici que des taxes annuelles.
Sur quatre années complètes d’utilisation, cela représente déjà près de 7 500 €, hors évolution future des barèmes, hors malus payé lors de l’immatriculation, hors avantage en nature et hors limitation de l’amortissement fiscal.
Cet exemple montre pourquoi les émissions de CO₂ doivent désormais être regardées avant même de choisir un véhicule de société. Deux voitures affichant un prix d’achat comparable peuvent générer des coûts fiscaux très différents pendant leur durée d’utilisation.
Et si le dirigeant utilise la voiture de société le week-end ?
C’est probablement l’un des éléments les plus importants de la comparaison.
Lorsqu’un véhicule appartenant ou loué par l’entreprise est laissé à la disposition du dirigeant pour ses déplacements personnels, cette utilisation privée constitue en principe un avantage en nature.
Pour un dirigeant assimilé salarié, comme le président d’une SAS ou le gérant minoritaire ou égalitaire d’une SARL, cet avantage constitue un élément de rémunération soumis aux règles sociales applicables. L’absence de salaire versé en numéraire n’empêche donc pas l’existence d’une rémunération en nature si un véhicule est mis à disposition pour un usage privé.
Attention cependant : le gérant majoritaire de SARL relève du régime des travailleurs indépendants. Il ne faut donc pas appliquer mécaniquement à sa situation toutes les règles présentées ci-dessous pour les assimilés salariés. Une analyse spécifique doit être réalisée.
L’avantage en nature a fortement augmenté depuis février 2025
Pour les véhicules mis à disposition depuis le 1er février 2025, les forfaits sont les suivants :
| Véhicule | Sans carburant personnel pris en charge | Avec carburant personnel pris en charge |
|---|---|---|
| Véhicule acheté de 5 ans ou moins | 15 % du coût d’achat TTC | 15 % + carburant privé réel ou forfait global de 20 % |
| Véhicule acheté de plus de 5 ans | 10 % du coût d’achat TTC | 10 % + carburant privé réel ou forfait global de 15 % |
| Véhicule loué ou en LOA | 50 % du coût global annuel | 50 % + carburant privé réel ou forfait global de 67 % |
Le coût global d’un véhicule loué comprend notamment la location, l’entretien et l’assurance. Le forfait à 67 % intègre également le carburant dans les conditions prévues par le dispositif.
Il ne s’agit donc pas de plafonds à 20 % ou 67 %, mais bien de méthodes forfaitaires d’évaluation.
Pour un véhicule loué, l’avantage ainsi calculé est néanmoins plafonné au montant qui aurait résulté de l’évaluation du même véhicule s’il avait été acheté par l’entreprise.
Prenons un exemple
Une société loue pour son président un véhicule dont le coût annuel comprenant location, entretien et assurance atteint :
10 800 € par an.
Le véhicule peut être utilisé à titre professionnel et personnel et le carburant personnel n’est pas pris en charge.
L’avantage en nature forfaitaire peut atteindre :
10 800 € × 50 % = 5 400 € par an.
Ces 5 400 € viennent s’ajouter à la rémunération en nature du dirigeant pour le calcul des cotisations et de son imposition.
La société paie donc bien la voiture.
Mais cela ne signifie pas que son utilisation privée soit fiscalement et socialement gratuite.
C’est pourquoi raisonner uniquement en disant :
« La société paie la voiture, donc c’est forcément plus avantageux »
peut conduire à une mauvaise décision.
Il existe cependant plusieurs moyens de calculer plus justement l’usage privé
Le forfait n’est pas toujours la seule méthode possible.
L’avantage en nature peut également être déterminé à partir des dépenses réellement supportées et de la proportion d’utilisation privée du véhicule.
Cette méthode peut être intéressante lorsque le véhicule est très majoritairement professionnel et que l’utilisation personnelle reste faible.
Un suivi précis des kilomètres permet alors de documenter :
- les kilomètres professionnels ;
- les kilomètres privés ;
- le kilométrage total.
De même, lorsque le dirigeant verse personnellement une participation financière pour l’utilisation du véhicule, cette participation peut venir réduire la valeur de l’avantage en nature dans les conditions applicables.
Un carnet de bord correctement tenu constitue donc un élément particulièrement utile pour sécuriser la répartition entre usage professionnel et usage personnel.
Le véhicule électrique bénéficie d’un traitement beaucoup plus favorable
Pour les véhicules 100 % électriques respectant le score environnemental requis et mis à disposition depuis le 1er février 2025, l’avantage en nature calculé forfaitairement bénéficie en 2026 d’un abattement de 70 %, plafonné à 4 641,60 € par an.
Les frais d’électricité pris en charge par l’employeur pour la recharge du véhicule ne sont par ailleurs pas intégrés dans le calcul de cet avantage.
Reprenons notre véhicule dont le coût annuel est de 10 800 €.
Avantage forfaitaire avant abattement :
10 800 € × 50 % = 5 400 €.
Abattement de 70 % :
3 780 €.
Avantage en nature restant :
1 620 € par an.
La différence avec un véhicule thermique devient considérable.
Le régime favorable est prévu pour les véhicules remplissant les conditions requises pendant la période allant jusqu’au 31 décembre 2027.
Il faut toutefois vérifier que le modèle bénéficie effectivement du score environnemental nécessaire.
Les indemnités kilométriques : une solution souvent très efficace
Deuxième scénario : le dirigeant conserve ou acquiert personnellement son véhicule et l’utilise pour ses déplacements professionnels.
L’entreprise peut alors lui rembourser ces déplacements sur la base du barème kilométrique applicable, à condition que les kilomètres soient réels, professionnels et correctement justifiés.
Pour un dirigeant assimilé salarié, les allocations versées dans les limites admises peuvent constituer des remboursements de frais professionnels plutôt qu’un complément de rémunération lorsque les conditions sont respectées.
Le barème prend déjà en compte notamment :
- la dépréciation du véhicule ;
- l’entretien et les réparations ;
- les pneumatiques ;
- le carburant ;
- l’assurance.
Il ne faut donc pas rembourser une deuxième fois des dépenses déjà couvertes par le barème.
Les péages et certains frais de stationnement peuvent, lorsqu’ils sont professionnels et justifiés, être traités séparément.
Combien peut-on rembourser ?
Le barème dépend :
- de la puissance fiscale du véhicule ;
- du nombre de kilomètres professionnels parcourus ;
- de la motorisation.
Pour un véhicule thermique, hybride ou à hydrogène de 7 CV ou plus, le barème applicable en 2026 est :
- jusqu’à 5 000 km :
distance × 0,697 €; - de 5 001 à 20 000 km :
(distance × 0,394 €) + 1 515 €; - au-delà de 20 000 km :
distance × 0,470 €.
Ainsi, pour 10 000 kilomètres professionnels :
10 000 × 0,394 € + 1 515 € = 5 455 €.
Soit environ 455 € par mois en moyenne sur l’année.
Attention néanmoins : le barème est plafonné à la catégorie « 7 CV et plus ».
Posséder une voiture de 10, 15 ou 20 CV fiscaux ne permet donc pas d’obtenir davantage d’indemnités kilométriques qu’avec un véhicule de 7 CV.
Les véhicules électriques bénéficient également d’un barème majoré
Les montants prévus pour les véhicules 100 % électriques sont plus élevés.
Prenons un exemple avec un véhicule électrique de 5 CV, plus représentatif de nombreux modèles actuels.
Entre 5 001 et 20 000 kilomètres, le barème applicable en 2026 est :
distance × 0,428 € + 1 674 €.
Pour 10 000 kilomètres professionnels :
10 000 × 0,428 € + 1 674 € = 5 954 €.
Les frais de recharge électrique sont déjà intégrés au barème.
Il ne faut donc pas cumuler les IK avec le remboursement séparé des mêmes frais d’électricité.
Les IK doivent impérativement être justifiées
C’est la contrepartie du système.
Il ne suffit pas d’écrire en fin d’année :
« 10 000 kilomètres professionnels ».
Nous recommandons de conserver pour chaque déplacement :
- la date ;
- le lieu de départ ;
- la destination ;
- le nombre de kilomètres ;
- le client ou dossier concerné ;
- le motif professionnel.
Il faut également pouvoir identifier le véhicule utilisé et justifier sa puissance fiscale.
Le véhicule doit réellement être à la disposition du dirigeant à titre personnel. Il peut notamment être détenu ou loué personnellement ; l’important est que la société ne rembourse pas comme IK l’utilisation d’un véhicule qui lui appartient déjà.
Un suivi numérique ou un simple tableau tenu régulièrement permet aujourd’hui de sécuriser assez facilement ce point.
Et les trajets domicile–travail ?
Il faut être prudent.
Les kilomètres correspondant aux déplacements entre le domicile et le lieu habituel de travail ne doivent pas être automatiquement assimilés aux déplacements professionnels classiques effectués pour visiter un client, un chantier ou un fournisseur.
La prise en charge des trajets domicile-lieu de travail répond à des règles particulières et peut notamment dépendre des contraintes obligeant le salarié ou le dirigeant assimilé salarié à utiliser son véhicule personnel.
Il vaut donc mieux distinguer clairement dans les relevés :
- les déplacements effectués pour les missions de l’entreprise ;
- les trajets domicile-lieu de travail ;
- les déplacements purement privés.
Les IK n’exonèrent pas systématiquement l’entreprise de toute fiscalité automobile
C’est un point peu connu.
Lorsqu’une entreprise prend en charge les frais d’un véhicule personnel en fonction du nombre de kilomètres parcourus, le véhicule peut entrer dans le mécanisme des taxes sur l’affectation des véhicules à des fins économiques.
Un système de pondération est toutefois prévu :
| Kilométrage professionnel annuel | Pourcentage retenu |
|---|---|
| Jusqu’à 15 000 km | 0 % |
| De 15 001 à 25 000 km | 25 % |
| De 25 001 à 35 000 km | 50 % |
| De 35 001 à 45 000 km | 75 % |
| Plus de 45 000 km | 100 % |
Une minoration globale de 15 000 € est en outre prévue pour les taxes concernant ces véhicules, sous réserve des conditions légales applicables.
Dans de nombreuses PME où les kilomètres professionnels restent raisonnables, l’impact pratique est donc limité, voire nul.
Mais dire que les voitures personnelles remboursées en IK échappent systématiquement à toute fiscalité automobile serait inexact.
Et la TVA ?
C’est un autre élément à intégrer dans la comparaison.
Pour une voiture particulière destinée au transport de personnes, la TVA sur l’achat est en principe exclue du droit à déduction.
Autrement dit :
une société qui achète une voiture particulière 60 000 € TTC ne récupère généralement pas simplement les 10 000 € de TVA correspondants.
Des exceptions existent selon l’activité ou la nature du véhicule.
La TVA sur les carburants suit cependant des règles différentes.
Pour une voiture particulière n’ouvrant pas droit à déduction de TVA sur son acquisition, la TVA sur l’essence ou le gazole utilisée pour les besoins de l’activité est notamment récupérable à hauteur de 80 %, sous réserve des conditions générales de déduction.
L’électricité utilisée professionnellement pour la recharge d’un véhicule électrique n’est pas soumise à cette limitation spécifique de 80 % applicable aux carburants pétroliers ; les règles générales de déduction de la TVA restent néanmoins à respecter.
Dans quels cas les IK sont-elles souvent intéressantes ?
Sans en faire une règle absolue, les indemnités kilométriques méritent particulièrement d’être étudiées lorsque :
- le dirigeant possède déjà personnellement son véhicule ;
- il effectue plusieurs milliers de kilomètres professionnels par an ;
- il utilise beaucoup son véhicule à titre privé ;
- il souhaite éviter un avantage en nature ;
- il veut conserver personnellement la propriété et la valeur de revente de sa voiture ;
- l’entreprise souhaite éviter de financer un nouveau véhicule ;
- les déplacements professionnels peuvent être facilement documentés.
Il existe également un avantage patrimonial simple :
la voiture reste la propriété du dirigeant.
Lorsqu’elle sera revendue, le prix de vente lui reviendra personnellement.
En contrepartie, il doit avoir financé lui-même son acquisition.
Dans quels cas le véhicule de société peut-il être préférable ?
Le véhicule de société mérite davantage d’être étudié lorsque :
- son utilisation est essentiellement professionnelle ;
- le dirigeant ne veut pas immobiliser personnellement plusieurs dizaines de milliers d’euros ;
- le véhicule est indispensable au fonctionnement de l’entreprise ;
- il est utilisé par plusieurs salariés ou collaborateurs ;
- l’entreprise dispose d’une trésorerie confortable ;
- il s’agit d’un véhicule utilitaire bénéficiant d’un traitement différent ;
- ou lorsqu’un véhicule électrique éligible permet de profiter d’un régime d’avantage en nature particulièrement favorable.
Il peut également s’agir d’un choix de confort.
Certains dirigeants préfèrent que leur entreprise finance directement l’outil de déplacement plutôt que d’acheter personnellement une voiture puis de se faire rembourser leurs déplacements.
Cette dimension patrimoniale doit être intégrée au calcul.
Le prix et la motorisation du véhicule changent complètement la réponse
Dirigeant A
Il possède personnellement une voiture de 35 000 € et réalise environ 10 000 kilomètres professionnels chaque année.
Les indemnités kilométriques peuvent être particulièrement compétitives : la société lui rembourse plusieurs milliers d’euros par an sans financer l’intégralité du véhicule et sans générer d’avantage en nature lié à son utilisation privée.
Dirigeant B
Il souhaite une voiture thermique de 100 000 €, relativement lourde et fortement émettrice de CO₂, qu’il utilisera également beaucoup à titre personnel.
Faire acquérir cette voiture par sa société peut sembler séduisant.
Mais il faudra potentiellement intégrer :
- le malus CO₂ ;
- le malus lié à la masse ;
- la fraction d’amortissement fiscalement non déductible ;
- les taxes annuelles sur le véhicule ;
- l’absence de récupération de TVA sur l’acquisition d’une voiture particulière ;
- l’avantage en nature ;
- les cotisations sociales correspondantes pour un dirigeant assimilé salarié ;
- l’impôt personnel ;
- et la fiscalité lors de la revente du véhicule par la société.
Dans cette situation, l’écart entre le prix affiché du véhicule et son coût économique total peut devenir considérable.
Alors, quelle solution choisir ?
Il n’existe pas de réponse universelle.
| Critère | Véhicule de société | Véhicule personnel + IK |
|---|---|---|
| Achat financé personnellement | Non | Oui |
| Achat ou loyer financé par l’entreprise | Oui | Non |
| Frais courants payés directement par l’entreprise | Oui | En principe couverts par les IK |
| Déductibilité fiscale | Oui, avec limitations | IK déductibles si justifiées |
| TVA sur l’achat d’une voiture particulière | Généralement non récupérable | Sans objet pour la société |
| Avantage en nature si usage privé | Oui, en principe | Non |
| Taxes automobiles | À calculer | Régime spécifique selon kilométrage |
| Suivi détaillé des kilomètres | Recommandé, surtout pour distinguer l’usage privé | Indispensable |
| Véhicule détenu personnellement | Non | Oui |
| Trésorerie personnelle nécessaire | Plus faible | Plus importante |
| Valeur de revente revenant au dirigeant | Non | Oui |
Le bon réflexe : faire le calcul avant de commander la voiture
L’erreur classique consiste à choisir le véhicule, signer le bon de commande puis demander ensuite à son expert-comptable :
« Je la prends personnellement ou avec la société ? »
Il vaut mieux procéder dans l’ordre inverse.
Avant de choisir, il faut généralement connaître :
- le prix TTC du véhicule ;
- sa motorisation ;
- ses émissions de CO₂ ;
- sa masse ;
- sa puissance fiscale ;
- le mode de financement ;
- le coût annuel d’une éventuelle location ;
- le nombre de kilomètres annuels ;
- le nombre de kilomètres professionnels ;
- la proportion d’usage personnel ;
- le statut social du dirigeant ;
- et la durée pendant laquelle le véhicule sera conservé.
À partir de ces données, il devient possible de comparer les deux scénarios sur trois, quatre ou cinq ans.
Et le résultat peut être très différent entre :
- une berline thermique de 80 000 € ;
- un véhicule électrique de 60 000 € ;
- une voiture personnelle déjà intégralement payée ;
- un gros rouleur réalisant 25 000 kilomètres professionnels ;
- ou un dirigeant utilisant son véhicule à 80 % pour ses déplacements privés.
Ce qu’il faut retenir
Les indemnités kilométriques sont souvent très intéressantes lorsque le dirigeant possède déjà personnellement son véhicule et réalise un kilométrage professionnel significatif.
Le véhicule de société permet de faire financer directement la voiture par l’entreprise, mais il faut intégrer la déductibilité limitée, les taxes automobiles et l’avantage en nature en cas d’utilisation privée.
Depuis le 1er février 2025, l’augmentation des forfaits d’avantage en nature a rendu certaines voitures de société thermiques sensiblement moins attractives qu’auparavant.
À l’inverse, certains véhicules 100 % électriques bénéficiant du score environnemental requis profitent actuellement d’un régime social particulièrement favorable.
Enfin, le bon calcul ne consiste pas uniquement à rechercher l’économie d’impôt la plus importante.
Il faut comparer le coût total pour l’entreprise et pour le dirigeant : financement, fiscalité, charges sociales, impôt personnel, trésorerie mobilisée et valeur future du véhicule.
Chez ACCOUNTEO, nous pouvons réaliser cette comparaison avant l’acquisition ou le renouvellement d’un véhicule afin de déterminer la solution la plus cohérente avec la situation du dirigeant et de son entreprise.