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Médecine du travail : l'oubli qui peut coûter cher à votre entreprise

Publie le 8 juillet 2026 - Mis a jour le 19 juillet 2026 - 3 min de lecture

Visites obligatoires, délais à respecter, nouveautés du décret du 12 juin 2026 : tour d'horizon complet des obligations de l'employeur en matière de santé au travail.

Mise à jour juin 2026 — Pôle social Accounteo

Une visite de reprise oubliée, un délai dépassé de quelques jours : et c'est toute la responsabilité de l'employeur qui se retrouve sur la sellette. La santé au travail n'a rien d'une formalité administrative — l'employeur est tenu d'une obligation de sécurité et doit mettre en œuvre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés.. Voici les 5 points à connaître absolument, à jour du décret du 12 juin 2026 qui change la donne sur les visites de reprise.

1. L'adhésion au SPST : non négociable, dès le 1er salarié

Quel que soit le contrat ou la durée de travail, l'employeur doit adhérer à un service de prévention et de santé au travail (SPST) dès l'embauche du tout premier salarié. En dessous de 500 salariés, cela passe par un service de santé interentreprises (SSTI) agréé par la DREETS du département. Seuls les stagiaires en milieu scolaire échappent à la règle.

2. La VIP à l'embauche : 3 mois, pas un jour de plus

La visite d'information et de prévention (VIP) a remplacé la visite médicale d'embauche. Elle est obligatoire pour tout salarié, sans exception, dans les 3 mois suivant la prise de poste (2 mois pour un apprenti, et avant la prise de poste pour les mineurs et travailleurs de nuit). Une dispense existe si le salarié a déjà été suivi dans les 5 dernières années sur un poste identique, sans avis d'inaptitude récent — mais pour en bénéficier, l'employeur doit impérativement obtenir du salarié son attestation de suivi délivrée par le précédent service de santé au travail, qui justifie la date, le poste et l'absence de contre-indication.

Son renouvellement est ensuite fixé par le médecin du travail, dans la limite de 5 ans — 3 ans pour les profils à suivi adapté

(travailleurs handicapés, de nuit, invalides).

Fréquence des visites : ce que dit la loi

C'est toujours le médecin du travail qui fixe la périodicité concrète, dans les plafonds légaux suivants : 5 ans maximum en règle générale, 3 ans pour les salariés à suivi adapté (travailleurs de nuit, handicapés, invalides). Pour les salariés exposés à des risques particuliers (amiante, plomb, agents cancérigènes, travaux hyperbare…), un suivi individuel renforcé (SIR) s'applique: visite d'aptitude avant la prise de poste, renouvelée tous les 4 ans au maximum, avec une visite intermédiaire tous les 2 ans. L'employeur n'a pas la main sur ces délais — son obligation est de s'assurer que chaque salarié est convoqué dans les temps et d'en garder la trace.

3. Reprise après arrêt : la règle change en 2026

La visite de reprise reste obligatoire après un congé maternité, un arrêt pour maladie professionnelle, un accident du travail d'au moins 30 jours, ou une absence d'au moins 60 jours pour maladie ou accident non professionnel. Dès connaissance de la date de fin d'arrêt, l'employeur doit saisir le SPST, qui organise la visite sous 8 jours.

À distinguer de la visite de pré-reprise : celle-ci se déroule pendant l'arrêt, dès que celui-ci dépasse 30 jours, à l'initiative du salarié, de son médecin traitant, du médecin-conseil de la Sécurité sociale ou du médecin du travail (jamais de l'employeur, qui doit seulement informer le salarié de cette possibilité). Elle permet d'anticiper un aménagement de poste, une formation de reclassement ou une réorientation, avant même le retour effectif du salarié.

Nouveauté : Pour les arrêts de travail délivrés à compter du 15 juin 2026, le décret n° 2026-503 du 12 juin 2026 permet, sous certaines conditions, de dispenser le salarié de visite de reprise lorsqu’une visite de pré-reprise a déjà été réalisée dans les 30 jours précédant la reprise effective et qu’aucune proposition d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste n’a été formulée. Cette dispense ne s’applique toutefois pas si le salarié, le médecin du travail ou l’employeur demande la tenue d’une visite de reprise. Une simplification utile, à condition de bien respecter les conditions prévues et de tracer les différentes étapes du suivi médical.

4. Mi-carrière et visites à la demande

À 45 ans (ou l'âge fixé par convention collective), la visite de mi-carrière fait le point sur l'adéquation poste/santé et anticipe les risques de désinsertion professionnelle. Par ailleurs, tout salarié peut, à tout moment et sans justification, demander à voir le médecin du travail — en toute confidentialité, sans risque de sanction.

5. Ce que ça coûte de ne pas jouer le jeu

Un manquement à ces obligations peut bloquer la reprise du salarié, fragiliser le contrat, déclencher un contentieux prud'homal — voire engager la responsabilité civile, et parfois pénale, de l'employeur. La meilleure protection reste simple : tracer chaque convocation, chaque visite, chaque avis du médecin du travail.

Le pôle social d'Accounteo accompagne ses clients dans la gestion de leurs obligations en santé au travail : suivi des échéances, courriers de convocation, sécurisation des procédures de reprise et de reclassement. Parlons-en.

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