Mis à jour le 30 juin 2026 — Pôle Social Accounteo
L'aide à l'embauche d'un apprenti a été reconduite pour 2026, mais à des montants revus à la baisse. Le décret n° 2026-168 du 6 mars 2026 redéfinit le barème applicable, avec une aide désormais modulée selon le niveau de diplôme préparé. Pour les TPE et PME, qui restent les premières concernées par ce dispositif, voici ce qu'il faut retenir pour vos prochains recrutements en alternance.
Le nouveau barème pour les entreprises de moins de 250 salariés
Pour les contrats conclus à partir du 8 mars 2026, le montant de l'aide dépend désormais du niveau du diplôme ou titre visé par l'apprenti :
Niveau de diplôme préparéMontant de l'aideJusqu'au niveau 4 (CAP, Bac) — aide unique5 000 €Niveau 5 (BTS, DUT…) — aide exceptionnelle4 500 €Niveau 6 ou 7 (licence, master) — aide exceptionnelle2 000 €Apprenti reconnu travailleur handicapé (RQTH), tous niveaux6 000 €
Tableau établi à partir du décret n° 2026-168 du 6 mars 2026. Les montants sont des plafonds annuels, proratisés selon la durée réelle du contrat. Les contrats conclus entre le 1er janvier et le 7 mars 2026 restent soumis aux anciennes règles : le décret n'est pas rétroactif.
Une aide proratisée selon la durée réelle du contrat
Les montants présentés ci-dessus sont des plafonds annuels. Dans les faits, l'aide est versée mensuellement et calculée au prorata de la durée réelle du contrat d'apprentissage. Un contrat de 18 mois, par exemple, donnera lieu à un versement mensuel régulier pendant la première année, le montant total perçu sur cette première année dépendant du nombre de mois effectivement couverts. Si le contrat est rompu en cours d'année, ou si son exécution est suspendue sans rémunération, le montant de l'aide est ajusté en conséquence et n'atteint donc pas nécessairement le plafond affiché.
Attention à la participation forfaitaire pour les niveaux Bac+3 et plus
Point de vigilance budgétaire important pour les recrutements visant une licence ou un master : depuis juillet 2025, tout contrat d'apprentissage préparant à un diplôme de niveau Bac+3 et au-delà implique le versement par l'employeur d'une participation obligatoire de 750 € au CFA, prélevée à partir du 45e jour de présence de l'apprenti.
Concrètement, cette participation vient directement réduire l'aide nette perçue : sur un contrat de niveau master, l'aide exceptionnelle de 2 000 € se retrouve amputée de 750 €, ramenant le soutien réel à 1 250 € pour l'entreprise. En cas de rupture du contrat avant le 45e jour, la participation est proratisée ; en cas de changement d'employeur pour le même diplôme, elle est réduite à 200 € pour le nouvel employeur.
Exemple chiffré : un apprenti de 19 ans en BTS
Pour rendre ces montants concrets, prenons le cas d'une PME qui recrute un apprenti de 19 ans en 1re année de BTS (niveau 5), pour un contrat conclu après le 8 mars 2026. À cet âge, dans la tranche 18-20 ans, la rémunération minimale légale correspond à 43 % du SMIC. Sur la base du SMIC mensuel brut en vigueur depuis le 1er juin 2026 (1 867,02 €), cela représente environ 803 € brut par mois.
Sur la base de ces éléments, voici la synthèse du coût réel pour l'entreprise sur la première année du contrat :
ÉlémentMontantSalaire brut mensuel (43 % du SMIC)803 €Coût salarial brut annuel (× 12 mois)9 640 €Charges patronales (prévoyance, frais de santé…)200 €Aide exceptionnelle à l'embauche (niveau 5)− 4 500 €Participation forfaitaire employeur au CFA (niveau 5, hors Bac+3)0 €Coût pédagogique de la formation (CFA)Pris en charge à 100 % par l'OPCO (dans la limite du NPEC)Coût salarial net pour l'entreprise (1re année)≈ 5 340 €
À ce coût salarial s'ajoutent les éventuelles indemnités obligatoires : remboursement de 50 % de l'abonnement transport, éventuels paniers repas.
Rappel : la participation forfaitaire de 750 € ne concerne que les contrats de niveau Bac+3 et plus (niveau 6 ou 7). Pour un BTS (niveau 5), comme dans cet exemple, cette participation n'est pas due — l'entreprise n'a donc aucun reste à charge sur la formation.
Ce calcul reste théorique : si le contrat débute en cours d'année ou que l'apprenti change de tranche d'âge en cours de route (passage à 20 ans), le montant de l'aide est ajusté au prorata du nombre de mois réellement couverts.
Modalités de versement : ce qui ne change pas
- L'aide n'est versée que pour la première année d'exécution du contrat, quelle que soit sa durée totale.
- Le versement est mensuel et automatique, assuré par l'Agence de services et de paiement (ASP), avant le paiement du salaire de l'apprenti.
- Le contrat doit être transmis à l'OPCO compétent au plus tard six mois après sa conclusion.
- En cas de suspension du contrat sans rémunération (arrêt maladie, mobilité internationale), l'aide n'est pas versée pour le ou les mois concernés.
- Un employeur ayant déjà perçu une aide pour un même apprenti et le même diplôme ne peut pas en bénéficier à nouveau pour un contrat ultérieur identique.
Notre recommandation
Avant de signer un nouveau contrat d'apprentissage, vérifiez le niveau du diplôme visé : c'est lui qui détermine à lui seul le montant de l'aide. Pour les niveaux Bac+3 et plus, pensez à intégrer la participation forfaitaire de 750 € dans votre budget prévisionnel : elle vient directement diminuer le soutien net perçu.
Notre pôle social reste à votre disposition pour simuler le montant net de l'aide applicable à votre situation et sécuriser la transmission de vos contrats à l'OPCO dans les délais.